Programme

Le programme des deux jours est un élément central de la formation. Il permet aux participants de se repérer dans le cheminement de la formation. Affiché de manière permanente et singulière au mur, il se démarque des autres supports.
Souvent utilisé à mauvais escient, le powerpoint s’avère ici être un outil pratique et efficace. Nous l’avons utilisé pour présenter les consignes des activités de manière claire et éphémère, ainsi que les contenus, sources de réflexion pour le groupe.
Les supports papier tels que les notes prises en direct sur paperboard favorisent la mémorisation des contributions spontanées. Les apports cognitifs en neurosciences représentés sous forme de pictogrammes, ont l’avantage de constituer un tableau permanent et modulable. Les laisser affichés sur un mur dédié permet de remobiliser leurs contenus lorsque c’est nécessaire. Noter manuellement, (à condition que soit lisible et agréable à lire) marque davantage les esprits que des supports informatiques à l’aspect impersonnel.
Les supports affichés au mur permettent de montrer le cheminement, la progression des participants sur le fond et sur la forme. Une astuce pour rassurer et garder le cap à travers un voyage créatif qui peut s'avérer déroutant.

À travers la formation, chaque participant vit une expérience à la fois individuelle et collective.
Si la démarche de créativité révèle la puissance de l’intelligence collective, l’expérience individuelle nécessite d’être sollicitée également. Ainsi, chaque participant reçoit en début de formation un carnet de notes personnel. Il peut le remplir comme il le souhaite. Des temps dédiés sont toutefois proposés régulièrement pour ancrer l’importance du cheminement individuel.
 

Espace(s)

En créativité, l’espace est une véritable ressource au service du cheminement du groupe.

sas
Les participants font leurs premiers pas dans un sas d’entrée, dédié à l’accueil, à l’introduction de la formation et à la présentation du programme. Dans cet espace, la convivialité est de mise, les participants peuvent s’assoir sur des canapés, prendre un café au buffet, remplir leur badge sur des tables hautes, prendre connaissance du programme affiché au mur.... C’est un espace-temps de transition entre leur quotidien personnel et l’expérience collective qu’ils s’apprêtent à vivre. Cette première prise de contact est essentielle pour la suite de la formation, elle doit être la plus confortable possible tout en étant professionnelle.
Le sas d’entrée a été utilisé par les participants comme espace de travail plus détendu. Canapés, café, buffet du midi invitent à une posture plus décontractée. La taille et l’aménagement de cet espace créent un climat intimiste, qui justifie son intérêt pour les temps de travail par binômes.

C’est également au sein de cet espace que s’est effectué le sas de sortie pour clôturer la formation.
espace créa
Les participants se dirigent ensuite vers l’espace de créativité. Tables rondes avec chaises disposées autour, chaises à roulettes si besoin, paperboard, tableaux blancs, espace-ressources avec du matériel disponible, espaces vides pour permettre la déambulation. Pas de doute possible, ils entrent dans un espace de travail qui s’organise en sous-espaces.
Pour accompagner leur arrivée dans cet espace, une activité d’ice-breaker (« Brise-glace ») les invite à se positionner dans l’espace à partir de pastilles disposées au sol, qui représentent des états d’esprits particuliers (Outil « Tu rêves Herbert », conçu et édité par Kaperli). L’objectif de ce temps d’inter-connaissance est de se positionner par rapport aux différentes pastilles selon l’état d’esprit dans lequel chacun est, au démarrage de la formation. Puis de se présenter en expliquant son état d’esprit. Il est intéressant de constater que plusieurs participants peuvent être positionnés sur la même pastille pour des raisons très différentes. Cette activité avait pour vocation de favoriser l’appropriation de l’espace par les participants.

Dans ce lieu de créativité, les participants travaillent par alternance en sous-groupes et en plénière. Le mobilier à roulette facilite ces échanges, à condition d’avoir suffisamment d’espace libre pour les déplacements mais aussi pour assurer une qualité d’écoute suffisante.
patio
Cet espace extérieur arboré, accolé au bâtiment, a joué un rôle de bouffée d’air dans le processus créatif. Utilisé à l’issue de certaines pauses pour relancer la dynamique de groupe, ce fut l’espace des activités dynamiques et ressourçantes.
On peut prévoir un espace à part soit au sein du sas, soit au sein de l’espace de créativité, qui permette aux participants de se retrouver seuls, pour se concentrer rapidement, s’extraire facilement de la dynamique collective.
 

climat(s)

La créativité émerge plus facilement dans un climat décontracté et ludique qui conserve toutefois une approche sérieuse.
Si le climat du groupe est la pierre angulaire de la créativité, il implique une ingénierie et une agilité particulières pour le construire et le maintenir dans la durée.
Le processus créatif implique de sortir de sa zone de confort pour :
  • expérimenter des méthodes nouvelles qui amènent à changer de posture,
  • accepter les idées des autres et les siennes,
  • oser exposer ses idées,
  • sortir des préconçus,
  • engager de la flexibilité dans les habitudes...
Dans ce contexte, le facilitateur veille à ce que le climat réunisse les conditions favorables à la créativité. L’attitude engagée de chacun, la cohésion du groupe et la confiance créative (individuelle et collective) en sont les paramètres.

D’autres facteurs sont à prendre en compte, notamment le rôle des émotions et les règles de fonctionnement au sein du groupe.
Un climat créatif suppose la mise en place d’un cadre et des règles partagées. Les règles de fonctionnement sont construites à partir du debriefing d’une activité lors de la première matinée. Toutefois, pour éviter des effets de leadership lors des premiers temps de travail collectifs, on peut définir les « règles du jeu » dès le départ, en précisant que le groupe peut les alimenter chemin faisant.

Les icebreakers jouent un véritable rôle dans le climat créatif par leur influence sur la dynamique de groupe. Ces activités sont à considérer comme des phases nécessaires au processus créatif, étant donné leurs effets sur le cheminement du collectif. Ils permettent au groupe d’entrer en synergie en favorisant un enthousiasme émotionnel. Ils amènent à sortir du cadre habituel pour entrer dans l’univers de la créativité. Ils permettent aux facilitateurs de repérer les comportements des participants et ainsi de mieux anticiper de potentiels blocages.

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Le groupe a opéré une véritable bascule après un jour et demi de formation, suite à un icebreaker combinant activité corporelle et objectif partagé.
Le principe est le suivant :
Chaque participant est assis sur une chaise disposée aléatoirement dans l’espace. Un volontaire libère sa chaise en se levant pour aller s’assoir sur la chaise vide qui se trouve à l’extrémité de la pièce. Tous les autres participants empêchent le volontaire de s’assoir en allant eux-mêmes occuper la chaise vacante, à son approche. En opérant ce déplacement chacun libère à son tour sa chaise qui devient potentiellement vacante pour le joueur en recherche de chaise. S’en suit alors un jeu d’intelligence collective où chacun doit être attentif aux réactions des autres, prêt à réagir spontanément.
Pour gagner il faut collaborer.
Les conditions de déplacements sont cadrées par des règles précises : déplacements lents, interdiction de courir et de pousser, interdiction de se lever de sa chaise puis de s’y réasseoir.
Cette activité a eu un effet de « lâcher-prise » pour les participants. Ils ont collectivement passé un cap qui a eu une répercussion immédiate sur les individualités de chacun au service du groupe.

On pourrait s’interroger sur l’intérêt de faire cette activité plus tôt dans la formation, étant donné son action positive sur la dynamique de groupe. Cependant l’effet d’un icebreaker est conditionné par le niveau de maturité du groupe vis-à-vis de la posture créative. Ainsi un même icebreaker peut avoir des effets négatifs s’il survient trop tôt. Les facilitateurs se basent sur leurs ressentis pour choisir le moment opportun.