Activité de créativité non guidée : exemples

Guider l’imagination. Comment ?

Afin de mettre en évidence l’intérêt des principes de divergence et de convergence, quoi de mieux que d’expérimenter un processus délibératif classique et d’en constater les limites ?

Un défi créatif est proposé à tous les sous-groupes de 5 personnes. "Trouvez des idées géniales pour : améliorer le bien-être des personnels lorsqu’il y a une température de 35° dans les bureaux."
Méthode : discussion libre non guidée
Durée : 20 mn
Observation : un animateur silencieux par groupe observe les échanges
Restitution : chaque sous-groupe présente leurs idées au reste du groupe
Debriefing en grand groupe sur ce qui s’est passé, chacun s’exprime de façon libre
Constats du groupe : peur du jugement de l’autre, autocensure, angoisse du timing, difficulté de s’approprier le sujet, phénomène de prise de pouvoir par un leader qui cherche à imposer son idée...

Après avoir explicité les interactions bloquantes, nous proposons aux sous-groupes de tester une démarche créative de divergence et convergence en deux temps distincts.


Activité de créativité guidée : exemples

Favoriser la transformation des idées.

Enseignants comme étudiants s’autorisent difficilement à transformer une idée pour imaginer des alternatives originales lors de la phase de divergence. Pour prendre conscience des phénomènes d’autocensure et d’inhibition, l’activité dite du "rouleau de papier" se révèle efficace.

Matériel : une feuille de paperboard enroulée sur elle-même et retenue par du ruban adhésif.
Mise en situation : tous debout en cercle.
Consigne : "Voilà un rouleau de papier. Imaginez à tour de rôle, en silence et seulement par des gestes, ce que cela pourrait être d’autre..." Le facilitateur propose en exemple d’utiliser le rouleau comme un club de golf puis le donne au participant suivant. Chacun mime à son tour une nouvelle utilisation du rouleau de papier.
But : transformer la forme du "rouleau de papier" en imaginant des alternatives nouvelles.
Point de bascule : un participant plie le rouleau ou enlève le scotch pour ouvrir les possibles. Le facilitateur peut prendre cette initiative si elle n’émerge pas du groupe.
Debriefing : le rouleau est une métaphore de l’idée. Les participants instaurent implicitement des règles de censure limitant les solutions alternatives. On constate qu’il est difficile de transformer la forme de l’idée initiale.

La réussite de la phase de génération d’idées créatives est conditionnée par la capacité à écouter puis à rebondir sur l’idée d’autrui. Accepter de suivre un chemin de pensée qui n’est pas le nôtre peut nous inspirer, par association d’idées ou par induction. D’autres alternatives aident à sortir des schémas de pensée convenus.
Pour favoriser le rebond des idées, la formulation du type "Oui, et" se révèle être une technique efficace.
1. Accepter : la partie "oui".
2. Proposer une idée à partir de l’idée d’autrui : la partie "et".


Favoriser la génération d’idées.


L’enrichissement par le "oui, et"
Exercice du "oui, mais... / oui, et... "
Durée : 2 x 5 mn
Consigne :
1. En binôme, imaginez un week-end que vous voudriez vivre ensemble. À chaque proposition de l’autre participant, répondez par "oui, mais" et convenez de la meilleure proposition.
2. Puis imaginez à nouveau votre week-end en intégrant l’idée de l’autre et en utilisant le "oui, et" en rebondissant sur son idée pour proposer de nouveaux éléments en rapport avec celle-ci.
Debriefing : comparer les deux processus et les résultats obtenus.

La "bissociation" ou "pensée associative" est un des processus-clé de la divergence en créativité (Arthur Koestler). La bissociation consiste à combiner deux idées ou deux univers a priori très étrangers, afin d’en créer de nouveaux inédits. Il s’agit de prendre un mot au hasard et de chercher à faire des liens insoupçonnés avec le sujet. Le choc cognitif permet de sortir des schémas de pensée habituels et des idées reçues.
 

Outils

La table de Kent & Rosanoff.
Créée en 1911 par deux chercheurs en psychologie, cet outil est composé de "mots-ressorts" ayant un fort pouvoir évocateur.
Principe : poser son doigt sur 5 mots au hasard dans la liste proposée. Écrire ces mots et les placer à la vue de tous. Ils constituent un univers cognitif, sans lien rationnel avec le sujet, destiné à faire émerger des associations inédites.
Télécharger la table de Kent & Rosanoff

Le Photo-langage
Créé par une équipe franco-suisse d’animateurs et de psychosociologues dans les années 1960 pour faciliter l’expression de soi en groupe, il consiste à mettre en rapport une image avec le sujet. L’image provoque l’émergence d’évocations et de représentations. En créant un "choc" non logique, elle mobilise l’imaginaire dans lequel on peut puiser des relations inédites sur le sujet.
Supports : images inspirantes issues de supports divers, ou cartes de l’outil de divergence "Le Bus à l’Envers" conçu par Promising.